COMMUNIQUE DE PRESSE
Congrès de la FNB à Cournon Soutien à l’abattage total, détournement des colères agricoles : le système de cogestion des politiques agricoles entre la FNSEA et le gouvernement n’est plus tenable !
03.02.2026
Congrès de la FNB* à Cournon
Soutien à l'abattage total, détournement des colères agricoles : le système de cogestion des politiques agricoles entre la FNSEA* et le gouvernement n'est plus tenable !
Depuis le début de l'épidémie de DNC, la FNSEA* s'oppose à des protocoles alternatifs à l'abattage total, basés sur des publications scientifiques, ainsi qu'à l'élargissement de la vaccination, à contre-courant des nombreux agriculteurs mobilisés depuis des semaines.
Alors que les mots d'ordre des mobilisations agricoles sont d'obtenir un revenu décent ou de sauver les vaches et les fermes, la FNSEA* obtient toujours plus de concessions du gouvernement sur la suppression des normes environnementales pour « plus de compétitivité dans le commerce international ». Son revirement récent sur l'accord de libre-échange UE*-Mercosur* ne compense en rien les dégâts faits par de précédents accords sur les revenus des agriculteurs !
Le gouvernement annonce ainsi en début d'année 2026 une « loi Duplomb 2 » : une loi d'urgence agricole accompagnée d'autres mesures, pour ré-autoriser l'acétamipride, « débloquer un maximum de projets » d'irrigation agricole, ou limiter la possibilité d'agir en justice des associations environnementales.
La cogestion des politiques agricoles entre la FNSEA* et le gouvernement ne peut plus tenir. Alors que FNSEA* et JA* ont obtenu ensemble nationalement moins de 50 % des voix aux dernières élections professionnelles agricoles, ils ne peuvent pas être l'interlocuteur unique du Ministère de l'Agriculture et voir leurs demandes directement transformées en lois sans concertation.
Alors que la FNSEA* se présente depuis sa création en 1945 comme la défenseuse de tous les agriculteurs, elle a activement participé aux politiques qui ont mené à l'impasse dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui : diminution continue du nombre d'agriculteurs et d'éleveurs, délocalisation de l'engraissement, concurrence toujours plus grande des produits importés, gestion des crises sanitaires conditionnée au maintien des exportations… Par ses choix politiques, la FNSEA* agit encore aujourd'hui pour la disparition des petites fermes au profit des agro-firmes : entre 2010 et 2020 ce ne sont pas moins de 33.000 fermes d'élevage qui ont cessé leur activité.
La Confédération Paysanne pense au contraire que le futur de l'élevage repose sur le soutien aux petites fermes via une PAC* orientant les aides aux actifs et non à l'hectare, à l'élevage plein-air en mettant en place une gestion sanitaire adaptée, et en stoppant l'industrialisation de l'agriculture. Plutôt que des solutions court-termistes, il faut des politiques courageuses pour permettre aux éleveurs de se dégager un revenu digne, avec des prix minimums garantis et en mettant fin aux accords de libre-échange, avec une régulation foncière qui permette réellement l'installation de nouveaux paysans, ainsi qu'avec un soutien financier important aux abattoirs publics et leur reprise en main par les éleveurs.
Non aux abattages de troupeaux ! Non à la co-gestion gouvernement-FNSEA* en ignorant le reste du monde agricole ! Oui à la préservation de l'élevage paysan et des femmes et des hommes qui y travaillent !
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